– Peinture –

Thierry GROULIER


« sans technique, un don n’est rien qu’une sale manie » disait Brassens.

Comme tous les gamins qui aiment dessiner, il a commencé avec ses crayons à donner des couleurs à son imaginaire. Des maisons, des soleils, des paysages, les premiers personnages se baladant au milieu de tout çà, les premiers feutres, les premières gouaches, les lumières de l’enfance. Le plaisir de s’évader sur une feuille de papier blanc.

Un peu plus tard au collège, une série de portraits accrochés aux murs de la classe et une professeure de dessin qui l’incitait à faire une école d’art. Il avait 14 ans, aucune connaissance des métiers d’art et pas la moindre idée de ce qu’il pouvait faire de çà. Un métier peut-il être le plaisir de toute une vie ? Question que l’on devrait toujours se poser à cet âge.

De loin en loin, un dessin au crayon ponctuait les années d’oubli de sa passion jusqu’à ce qu’il profite de quelques mois de liberté pour acheter une toile, des huiles d’études, de l’essence de térébenthine (que le débutant qu’il était, prenait pour un médium).

Après quelques toiles à la technique naïve, il se rendit compte qu’il tournait en rond et sur les conseils d’un ami, il rejoignit  le cours de Jean François Schembari à Clermont.  Celui qui devint son maître, lui enseigna d’abord les produits, les médiums, les ombres, les lumières et ces quelques principes indispensables à la base de toute bonne peinture. « la transparence des ombres, le relief des lumières »; « Ne tient pas ton pinceau comme un stylo », « la liberté du geste » …

A force de conseils et de pratiques, d’essais en expériences renouvelées, ces principes fondent aujourd’hui sa peinture et le guident  lorsque la sale manie voudrait reprendre la pas sur la technique.

Au bout de quelques années, la curiosité le guida aux beaux arts de Clermont. Il ne savait pas trop ce qu’il venait chercher là, mais il pouvait s’appuyer désormais sur des bases solides pour découvrir une autre vision du dessin et de la peinture. Au delà des enseignements, il y a appris à « croquer ». La nécessité de la rapidité d’exécution demande une approche moins réfléchie, plus spontanée, c’est d’ailleurs à ses yeux, le seul mérite de l’acrylique qui par sa rapidité de séchage, permet des exercices de quelques minutes.

Comme tous les amateurs, il est aussi capable de perdre famille et amis dans un musée de son pas ralenti par la découverte ou la fascination.  D’une prestigieuse expo lointaine à celle d’un simple restaurant,  d’une illustration dans un magasine à un livre d’histoire de la peinture, il se nourrit de tout avec avidité et plaisir. Il croit que – comme en toute chose dans la vie – sa formation n’aura pas de fin. Elle est le fruit d’un besoin, le fruit d’une quête permanente, le fruit d’une recherche dans ce puits sans fond qu’est la peinture. Il n’y a pas de limite pour découvrir et comprendre, si ce n’est celle du temps.